
L'idée de ce post m'est venue quand j'ai vu sur le statut d'une amie (avec qui on a étudié au collège), une vidéo d'elle sur une tribune en train de parler. Elle a fait le droit, je suppose que c'était un procès fictif, un débat ou quelque chose du genre. Ce statut m'a rappelé les concours d'éloquence auxquels j'ai participé au collège, et que j'ai organisés par la suite.
Le sujet de mon tout premier match était d'argumenter si oui ou non il était normal (ou bon) de se masturber. Et mon équipe et moi avions défendu le non. A la fin de ce match (que nous avions remporté avec brio), j'avais appris une chose : c'est que la force de mes arguments résidaient dans leur scientificité. Contrairement aux autres qui venaient avec des considérations d'ordre morale (ex : Ce n'est pas bon parce que dans la Bible, Dieu a tué Onan pour avoir gaspillé de sa semence) ou basés sur des idées reçue (ex : Ce n'est pas bon parce que ça réduit la taille du pénis), mes arguments à moi étaient basés sur la médecine, la psychologie ou la physique.
Mon deuxième match, c'était d'argumenter si oui ou non la lecture de romans était bénéfique. Cette fois, nous avions reçu le oui ! Et le match, c'était contre l'équipe de cette amie. Quand, je l'ai vue, j'ai repensé à ce match ( que mon équipe et moi avions une fois de plus remporté) !
Je me suis dit que je vous reviendrais avec ces arguments (si je peux m'en souvenir) et essayer de convaincre ceux d'entre vous qui ne voient pas encore l'utilité de lire. Ils ne seront pas aussi scientifiques qu'au collège, de toute façon je n'ai aucun jury que j'essaie de séduire. Après la lecture, j'espère convaincre certains (certaines) d'entre vous de prendre un livre et le lire du début à la fin.
Ouverture d'esprit
Souplesse dans le jugement, esprit critique, acceptation face aux différences, aptitudes de réflexion et d'argumentation poussées, écart face aux clichés et aux stéréotypes ... voilà tout ce que j'entends par ouverture d'esprit.
Quelqu'un qui a l'habitude de lire, c'est quelqu'un qui s'expose à plusieurs façons de penser, plusieurs façons de parler, plusieurs façons d'être, plusieurs façons de voir le monde. La conséquence (ou le résultat) c'est que cette personne sait s'adapter, tolérer, comprendre l'autre, relativiser, réfléchir.
Les gens qui ne lisent pas (et je pèse bien mes mots) sont comme intellectuellement renfermés. Je ne dis pas qu'ils ne sont pas intelligents. Etre intellectuellement renfermé c'est être comme accroché à un ensemble de connaissances et de croyances que l'on a tendance à prendre pour absolues (parce qu'elles ont été reçues en famille ou à l'Eglise, ou auprès de quelqu'un qui fait autorité) et qui, inconsciemment, influent sur la qualité des raisonnements. Car oui, il existe un lien direct entre la quantité (et la qualité) d'informations que vous possédez (culture générale), la qualité des raisonnements que vous faites et la qualité des décisions que vous prenez.
Lire vous fait interroger le monde, les idées reçues, remettre en question les stéréotypes et vous remettre en question vous-même, remettre en questions vos croyances pour abandonner les fausses et vous raffermir dans les bonnes, ...
Mais attention, tout livre et toute lecture n'ouvre pas l'esprit. Certains le referme encore plus, altèrent le jugement, emprisonnent l'homme dans un univers de pensées imperméable. Et le plus souvent, c'est comment nous lisons, avec quelle intention nous lisons et pour quel objectif nous lisons qui compte vraiment.
J'ai arrêté de discuter de certains sujets (comme la religion, la philosophie, la sexualité, certaines questions idéologiques et parfois même l'histoire) avec des gens qui fréquentent les églises dites de réveil et les sectes parce que, malheureusement, j'ai remarqué qu'ils ont trop de raccourcis dans les raisonnements et des jugements biaisés.
Je n'ai rien contre eux. Beaucoup de facteurs sont à l'origine de ce problème, ils n'en sont pas conscients (voilà pourquoi je ne sais pas leur en vouloir), et le seul qui a rapport à ce billet de blog c'est ce qu'ils lisent et comment ils lisent. Je les classe en trois catégories :
Dans la première, il y a ceux qui ne lisent jamais ! ABSOLUMENT JAMAIS. Parfois parce qu'ils n'aiment pas mais parfois aussi parce que le pasteur, ou le prophète, ou je ne sais qui d'autre ... leur a dit que s'ils lisent trop ils vont se faire initier aux sciences occultes sans le savoir (j'ai entendu ça plusieurs fois. Quelle idiotie !).
Dans la deuxième catégorie se trouvent ceux qui ne lisent que la Bible (ou les brochures de Brahnam 😂). La Bible c'est l'un des livres que j'apprécie le plus, personnellement, même si à m'entendre le dire très peu me croiraient. C'est à la fois un ouvrage historique, philosophique et poétique, et c'est ça qui fait sa richesse. Le souci, c'est que ces gens les lisent avec certains présupposés qui veulent que ce qu'ils lisent dans la Bible converge avec, appuie les pensées et les croyances erronées qu'ils ont déjà.
Dans la troisième catégorie se trouvent ceux qui lisent la Bible, et lisent d'autres livres aussi. Mais au lieu que ces derniers livres les libèrent de l'univers de pensées imperméable dans lequel ils sont enfermés, ils se servent de ces même pensées pour les interpréter. C'est le genre de personne qui va te lire un roman de Franz Kafka et qui va aaaaaabsolument trouver un moyen de l'associer à l'apocalypse. Pour eux, tout s'explique par la Bible, la Bible explique tout !
Mon conseil, avant d'aller au prochain point, c'est de bien choisir ce qu'on lit, choisir de la variété, choisir un livre qui nous fera réfléchir autrement, sortir de notre confort idéologique, qui va mettre au défi nos croyances, nous débarrasser de tous les présupposés que nous avons (même si ce n'est pas toujours possible), avant de nous lancer dans cette belle et magnifique aventure.
Mémoire souple
Je ne me rappelle plus exactement comment j'ai expliqué ça quand j'étais au collège mais je crois avoir dit un truc comme celui-ci :
Notre cerveau est constitué d'un réseau de neurones qui est comme un réseau d'ordinateurs. Chaque neurone, donc chaque ordinateur, est connecté à des millions d'autres. Le truc qui relie deux neurones, je l'avais appelé synapse (les médecins, je parle sous votre contrôle). Plus les synapses sont solides, plus la communication entre les neurones est rapide et donc plus notre cerveau a de la facilité à trouver une information et nous la donner.
Si on fait un parallèle avec un réseau d'ordinateurs : plus la connexion a un bon débit, plus on peut facilement demander un fichier qui est sur un autre ordinateur (un serveur) et plus vite on peut l'obtenir.
Mais comment la lecture renforce les synapses ? Eh bien, il faut savoir que quand on est en train de lire, notre cerveau cherche à faire deux choses : la première, c'est de trouver une correspondance avec les informations qu'elle possède déjà afin de créer une sorte d'association. Si vous lisez, je parie qu'il vous est déjà arrivé de lire une phrase et de vous dire : j'ai déjà lu un passage comme ça dans tel livre. La seconde, c'est que notre cerveau va essayer de classer ces données de sorte à facilement les trouver.
Tout ce travail c'est un flux de données entre les millions de neurones. Et voici où les choses deviennent intéressantes : plus vos neurones connaissent un flux régulier, plus elles connectent les neurones entre elles, plus elles sont rapides, . C'est un peu comme un livreur qui doit faire des livraisons entre 5 maisons. La première fois, il sera lent pour aller d'une maison à une autre. Mais plus il va s'habituer, plus il lui sera rapide de faire arriver les commandes. Ce sera un peu comme s'il connaissait les adresses par coeur et au besoin des raccourcis pour arriver encore plus vite.
Bon, je sais que mon raisonnement sonne un peu sophiste (et presque mensonger) et je suis sûr que ce n'est pas ce que j'avais dit à ce match d'éloquence. Les médecins et les neurobiologistes, je serais ravis d'en discuter avec vous. Mais le point est là : lisez, d'une manière ou d'une autre, il y aura des conséquences bénéfiques sur vos capacités à vous souvenir de certaines informations.
Vocabulaire, Orthographe et Ecriture
Plus on lit, mieux on parle, mieux on écrit, mieux on lit,... mieux on entend !
Quand je parle d'écrire, je ne dis pas qu'on devient en mesure d'écrire un livre. Lire c'est l'un de prérequis pour faire un bon écrivain, bien sûr, mais ce dont je parle ici c'est la qualité grammaticale de vos textes, la cohérence dans son corps, la justesse des mots que vous choisissez et surtout l'aisance avec laquelle vous êtes en mesure d'écrire parce que les mots seront là. Avec les mots, les idées.
De même pour le parler, ça ne veut pas dire que vous parlerez comme un dictionnaire ni que vous sonnerez plus français que les français (c'est une aliénation et un complexe de colonisé). Je veux simplement dire que vous sonnerez cohérent dans vos discours, un peu plus propre dans votre diction et vous aurez un peu plus de promptitude dans la constitution de phrases.
Pour ce qui est de la lecture, vous serez plus rapide (pas besoin de prendre un dictionnaire à chaque page). Et plus vous lisez, d'ailleurs, il arrive que vous saisissiez le sens d'un mot que vous n'avez jamais rencontré, sans avoir besoin d'ouvrir un dictionnaire. Je ne sais pas l'expliquer, mais ça m'arrive à moi !
Wrapping up
Ce ne sont pas les seuls arguments que j'ai présentés au collège. D'ailleurs, ce n'est pas exactement comme je les présente ici (surtout pour le deuxième 😂). Mais j'espère que vous aurez compris le point. Lisez, lisez, lisez ! Il en restera toujours quelque chose.
Et surtout, lisez osé, lisez différent, lisez défiant. Limiter vos lectures c'est vous limiter vous-mêmes, c'est limiter l'espace au sein duquel votre créativité peut se mouvoir, limiter la qualité des raisonnements que vous pouvez produire.
Au prochain billet, THUG LIFE ⏳ !

