
Ce n'est pas un canular, ce personnage a vraiment existé. Bien que pas à la même époque, pas pour les mêmes motivations et pas dans la même situation. Hier je regardais un documentaire sur les Hentai (vous savez, ces mangas pour adultes) et comment la société japonaise, connue pour être plutôt conservatrice sur les valeurs traditionnelles, a sexualisé l'image de la femme et a fini par la chosifier. Et dans le documentaire, je tombe sur le nom d'un tueur en série. Ce tueur en série !
Le Necrophile
Le roman se déroule dans le Japon post deuxième guerre mondiale. C'est l'histoire d'un ex-militaire japonais qui regarde le corps calciné de sa fiancée morte dans bombardement de Nagasaki. Le seul amour passionnel qu'il aura connu et éprouvé toute sa vie. Il ne le sait pas encore, mais cette image le traumatise et finit par le transformer en monstre : il tue des femmes et viole leurs cadavres. Ce qui se passe c'est qu'à chaque fois qu'il se retrouve seul avec une femme, il fait une projection : elle devient le corps de la femme qu'il aimait et qu'il a vu morte.
Voilà en quelques lignes comment je peux résumer mon dernier roman. Et malgré les critiques qui me sont tombées dessus de gauche et de droite, qui contre le pays choisi, qui contre l'intrigue développée, qui pour le style jugé lourd, ... c'est l'un de meilleurs textes et l'une de meilleures intrigues de ma carrière d'écrivain.
Le Tueur Otaku
Tsutomu Miyazaki est un marginal (on va l'appeler comme cela). C'est un personnage isolé depuis son enfance, à cause de moqueries subies pour son handicap (il a une main difforme). Cette solitude, il la peuple avec des hentais (les dessins animés pour adultes) et des .... vidéos de femmes nues. Eh oui ! Il va jusqu'à filmer ses soeurs sous la douche et garder leurs vidéos pour les visionner de nombreuses fois. Et malheureusement les vidéos ne pouvant plus lui suffire, il va se mettre à passer à l'acte.
Le 22 Août 1988, il fait une ballade en voiture et tombe sur une petite fille qui rentre chez elle. Il l'invite à monter, la conduit loin dans la forêt, la tue et la viole ... tout en filmant la scène.
On n'oublie jamais sa première fois, pas vrai ? Tsutomu refait la même chose quelques mois après le 3 Octobre 1988, puis le 9 décembre 1988. Cette fois il s'est fait remarquer par des passants qui l'ont vu aux abords d'une forêts où l'une des victimes avait été découverte. Un individu normal prendrait peur et arrêterait, mais ce n'est pas du Tsutomu ! Il trouve cela fascinant et presque facile. Tous ces filles ont entre 4 et 7 ans. C'est un nécrophile en plus d'être pédophile.
Pour augmenter son plaisir, il va jusqu'à torturer psychologiquement les parents des victimes. Il va même envoyer aux parents de la première les restes de sa fille, le 6 février 1989.
La police doit se rendre à l'évidence : un tueur en série est en circulation. La société japonaise est en branle et panique. Qui est cet individu surnommé Dracula par la police ?
Finalement, le 23 juillet 1989, alors qu'il voulait assaillir une autre petite fille, la police l'arrête. Son procès commence le 30 mars 1990. Une perquisition à son domicile permettra à la police de mettre la main sur plus de 5000 disques VHS pleins de hentai et de contenu sexuel de toute sorte.
Il est condamné à mort en 1997 et est exécuté en 2008. On établira qu'il était atteint de schizophrénie et de dédoublement de personnalité. En gros, quand il commettait ce crimes, ce n'était pas lui mais quelqu'un d'autre dans son corps.
Les noms des victimes sont trouvables sur le page Wikipédia de Tsutomu Miyazaki :
- Mari Konno (4 ans)
- Masami Yoshizawa (7 ans)
- Erika Namba (4 ans)
- Ayako Nomoto (5 ans)
Pour tout besoin de vérification ou de cusiorisité, voici mes sources :
- Le « tueur Otaku » : la naissance d’un monstre au Japon
- Tsutomu Miyazaki (Wikipédia)
- L'otaku tueur du Japon: l'homme rat (vidéo de la chaîne Youtube de Louis San)
Yasushi vs Tsutomu
Yasushi c'est le nom de mon personnage. Bien que son traumatisme ne vienne pas de son enfance ou des conditions dans lesquelles il a grandi, ni qu'il soit fait mention d'un quelconque trouble psychologique derrière sa nécrophilie (rien qu'un traumatisme), ces deux personnages ont beaucoup en commun et c'est un pur hasard !
L'un de faits intéressants qu'ils ont en commun c'est que la perte de quelqu'un de proche a déclenché leur descente aux enfers. Dans le cas de Yasushi, c'est la perte de Yui sa fiancée. Dans le cas de Tsutomu, c'est la perte de son grand-père en 1988. Je ne vous l'ai pas dit mais isolé qu'il était, Tsustomu avait encore un soutien émotionnel très fort et son unique ouverture sur la société : son grand-père. Quand ce dernier meurt, il n'a plus rien ! Louis San rapporte d'ailleurs que Tsutomu aurait déclaré qu'il ressuscitait son grand-père en gardant des souvenirs de ses victimes (ou un truc loufoque dans le genre).
L'autre fait intéressant, c'est le niveau trouble de la personnalité des deux personnages. Dans le cadre se Tsutomu, des psychiatres ont établi qu'il souffrait de schizophrénie. Mais le cadre de mon personnage, rien de tel n'est précisé ! Par contre, on le sent dans ses agissements. Par exemple, après avoir fait sa première victime, Yasushi est dans le déni total. Pour lui, c'est un accident ! Après la deuxième victime, par contre, il se referme et devient quelqu'un d'autre, comme si son propre cerveau le forçait à oublier le monstre qu'il a été. Et d'ailleurs, quand vous lisez, Yasushi est chaque fois dominé par une pulsion incontrôlable et aliénante.
Un autre dernier fait que je peux soulever c'est l'hystérie que les deux personnages créent dans la société. Dans le cas de Le Nécrophile, elle va même jusqu'à créer un personnage fictif (le charretier) et lui faire porter tous les crimes.
Wrapping up
Tout compte fait, Yasushi a été un personnage indépendant, vivant et mon rôle n'a été que d'écrire son histoire dans un livre. Je vous recommande vivement de lire Le Nécrophile, disponibles aux Editions Calures de Lubumbashi. Ou alors, contactez l'auteur au +243-997-210-519.
Je suis aussi heureux d'annoncer que je travaille sur un autre roman. Je n'ai pas commencé la rédaction, j'en suis encore dans la conception (le plan, les scènes, les fiches de personnages, les descriptions, ...). Ce sera pour l'année prochaine et pour faire plaisir à mon lectorat, le roman se déroule à Lubumbashi (adieu mon Japon 😂).
Je vous laisse sur ces deux belles mélodies du chanteur GIVEON que je ne cesse de tourner en boucle depuis quelques temps (music is love ❤️). Le premier intitulé At Least We Tried est sorti sur son premier album Give Or Take et le second CAN TELL est sorti sur le récent BELOVED.

