
Depuis Whack World, Tierra Whack est devenue une artiste qu'on décrit toujours par les mêmes mots : bizarre, créative, imprévisible, expérimentale. À force de parler de son univers et de ses concepts, on a presque fini par oublier qu'avant d'être cette artiste-là, Tierra Whack est une rappeuse. Pas étonnant qu'au début de WHACK JOB, qui est le premier morceau de la tracklist, elle dise sur un ton un peu narquois : « they say I should rap more !!!??? »
Je pense que WHACK'S MUSEUM est une réponse assez directe à ceux qui l'ont parfois réduite à son excentricité. Elle est revenue avec un projet essentiellement consacré au rap, sans chercher à construire un nouveau Whack World ou à impressionner par un concept gigantesque.
Le concept du projet est assez simple : Tierra transforme son propre univers en musée et expose différentes versions d'elle-même. Le titre, jeu de mots entre wax museum et son nom, colle parfaitement à cette idée d'exposition. Le projet fonctionne comme une démonstration de ce qu'elle sait faire derrière un micro.
Côté production, l’album s'appuie lourdement sur un rap de tradition boom-bap, avec des producteurs comme Conductor Williams qui donnent au projet cette texture orthodoxe et très hip-hop. WAX PAPER, WIGGIDY WHACK ou encore WHACK JOB sont probablement les meilleurs exemples de cette direction, avec une mention notable réservée à BRAZILIAN WAX et GODDA.
Autre fait marquant, Tierra ne se cache ni derrière la production ni derrière d’autres artistes. Il n'y a aucun featuring sur les douze morceaux. Personne pour venir lui apporter la crédibilité rap qu'elle pourrait éventuellement chercher.
WHACK JOB est probablement celui sur lequel elle démontre le mieux ses qualités techniques, notamment lorsqu'elle joue avec les variations du beat et change constamment de flow sans perdre le contrôle. BRAZILIAN WAX garde cependant une place spéciale dans mon cœur. Sa manière d’attaquer le beat, de surfer dessus et de contrôler son souffle sont magnifiques.
L’Oscar du meilleur beat revient à WIGGIDY WHACK pour sa petite touche Griselda, juste après suivent GODDA (du boom bap lourd) et TWO FIFTEEN (j’adore le sample). Et puis il y a CANDLE WAX, qui interpole Sometimes... de Tyler, The Creator.
Sur les 12 titres que comporte l’album, aucun n’est raté. Cet album est un 10 sur 10. Mes favoris (puisqu’il faut bien avoir des favoris) sont, en ordre de préférence :
- BRAZILIAN WAX
- QUEENS CROWN
- WHACK JOB
WHACK’S MUSEUM est disponible sur Spotify et, je l’espère, sur toutes les plateformes de streaming. Enjoy good music !

