
Protoje ne fait pas le genre d’album qu’on écoute en fond sonore. Pour vraiment apprécier The Art of Acceptance, il faut prêter attention aux détails, aux subtilités de la production et aux nombreuses influences musicales qui traversent le projet.
L’artiste s’amuse littéralement avec les genres. Sur Something I Said (feat. Jesse Royal), il part d’une structure très Hip-Hop, mais parvient malgré tout à conserver cette sensation familière propre au reggae. Peut-être pas le reggae roots à la The Wailers, avec sa batterie jazz et ses roulades sur caisse claire si caractéristiques, mais bien un reggae moderne qui respecte l’esprit du genre : le groove, le tempo, la rythmique et l’intention.
C’est d’ailleurs l’une des grandes forces de Protoje, et plus largement de cette nouvelle génération d’artistes reggae : l’audace d’aller chercher leurs inspirations dans des sonorités contemporaines ou issues d’autres styles musicaux. On pense par exemple à Lila Iké, qui adapte naturellement son univers aux codes du Hip-Hop lorsqu’elle invite Joey Bada$$ sur Fry Plantain, ou encore à Suun qui mélange avec finesse R&B et reggae sur Shedding.
The Art of Acceptance, c’est 13 titres. Sur des morceaux comme Something I Said, Sword & Shield ou encore The Locusts (feat. Pressure Busspipe), Protoje flirte clairement avec le Hip-Hop. D’ailleurs, en écoutant The Locusts, je me suis dit qu’un featuring avec Griselda aurait parfaitement fonctionné. Sur 1000 Lashes (feat. Stephen Marley), il se rapproche davantage du R&B, tandis que Ting Loud (feat. Masicka) assume pleinement son influence reggaeton.
Mes morceaux favoris :
- Feel It (qui me rappelle énormément l’atmosphère de Flowers & Flame de Mortimer et lui, l’une de mes chansons reggae préférées)
- Ten Times Around The Sun
- 1000 Lashes
The Art of Acceptance est disponible sur Spotify. Enjoy it!

