
Ma et
J’espère que tu te portes bien, que ces derniers problèmes de n’ont rien altéré à l’humeur heureuse, plaisante et parfois folle que tu as toujours eue. J’espère, pour l’autrement dire, que ton cœur n’est ni acculé ni alourdi par tes poumons, qu’il bat à son tempo habituel et qu’il continue de brasser toute la bonne humeur, toutes les bonnes émotions, toute l’énergie positive et tout le charme que . J’espère, de surcroît, que malgré lesdits problèmes, les petits rires que tu pousses quand tu parles n’ont en rien changé : ils sont pour moi ce que mes « Ah non ! non, je te jure ! » sont pour toi !
Je t’écris cette lettre depuis . Je ne te cache pas combien j’aurais aimé , au moins de temps en temps, pour faire vivre dans ce qui vit déjà .
Je suis assis devant mon ordinateur, il est quasi une heure du matin, dehors il pleut des balles. Comme le fou que je suis et comme tu sais désormais qu’il m’arrive souvent de le faire, je me suis réveillé pour écrire quelque chose parce que, je vais te le dire, je réfléchissais sur la meilleure religion que je devrais adopter au cas où je voudrais me convertir. De fil en aiguille, j’ai pensé au débat que nous avons amorcé dans la journée et que nous n’avons pas pu achever parce que tu devais te reposer.
Puis j’ai écrit : ne me demande pas ce qui s’est passé pendant ce temps, c’était un élan d’âme, je ne saurais te l’expliquer : j’ai souri en pensant à toi, une phrase m’est venu en tête (je lui réserve une place spéciale à la fin de la lettre), je me suis réveillé comme un fou, il pleuvait des balles dehors, pas d’électricité mais quelques cinquante pourcents dans mon ordinateur, je me suis assis dans le noir, le calme, et j’ai écrit.
D’habitude, quand je veux écrire pour quelqu’un, et surtout quand ce que je vais écrire est destiné à être lu, je me pose toujours des questions sur . Je me pose des questions sur la position en laquelle je dois me mettre.
Avec toi, je n’ai pas eu à trop réfléchir et c’est l’une des choses pour lesquels je : je n’ai pas à pour me faire comprendre. Tu es l’une des filles les plus que je connaisse. Tu le sais, je n’ai pas besoin de te le dire.
Ce que je devrais plutôt faire, c’est te le prouver : je suis quelqu’un de , en ce que je sais et en ce que je crois, pourtant je me surprends à douter de moi-même quand . J’ai l’impression que quelqu’un qui ou m’écouter. Tu as fini par au-dessus de ma tête de sorte que quoi que je dise ou fasse, je suis de ton avis.
Evidemment, il se mêle là-dedans des que moi-même je n’appréhende pas encore, dont j’ai un peu peur, je dois l’admettre, et dont j’aimerais être sûr . Tu ne sauras pas compter le nombre de fois où j’ai supprimé et refait des notes vocales parce que je craignais de te paraître stupide ! Ou le nombre de fois où je me suis senti soulagé et frustré parce que tu m’as sorti de l’embarras d’une discussion où je ne trouvais plus que te répondre, parce que je m’étais déjà trop embourbé, en insérant un sticker impromptu mais pertinent dans la conversation !
Ce que je m’apprête à te dire, ! ! La a fait de nous des êtres qui ont appris à se connaître, se chérissent, se soutiennent, se confient l’un à l’autre et, puisque c’est inhérent aux relations humaines, s’énervent et se fâchent. Je ne veux pas prétendre bien te connaître et c’est pourquoi .
Ma , ma , , !
Je ! Dis ainsi, aussi abruptement, c’est un peu relou, je l’admets ! Parfois, cet est un simple et d’amitié : en ces moments, je m’assieds et repense à , à nos habitudes, à nos discussions que je relis, aux poèmes que nous avons oubliés peut-être parce que nous avons construit entre nous quelque chose de mieux qu’un simple échange de vers et je souris comme un bête.
D’autres fois, est carrément : je pense à toi, , je suis littéralement , je m’imagine des choses que je n’ai ni la force ni la volonté d’ailleurs de chasser de mon esprit. C’est la raison pour laquelle j’ai de ce que je . Je ne dis pas que ma vient de toi, non ! Elle vient plutôt du fait que je ne peux les cerner, les classer et leur donner des noms, les contrôler : mon esprit trop pragmatique hait cela !
Je tiens fortement à toi. Je tiens à toi . Te savoir de est l’une des seules dernières choses pour lesquelles je me sens encore . Je m’en sens encore plus quand j’y participe. Même écrire le code informatique le plus sophistiqué du monde, écrire le roman le plus lu du siècle, du monde ne saurait me faire l’effet que j’ai en ces courts laps de temps où tu me rends si utile ! J’ai de l’importance, je suis enfin bon à quelque chose !
J’aimerais tant que tu saches que :
. Mais l’énervement et l’inquiétude sont des sentiments que je déteste faire paraître, comme l’orgueil et la stupidité, alors j’ai dû me contrôler, te mentir et porter un masque !
Je ne peux pas te jurer . En l’état où je suis, Mais je peux te dire que tu as quelqu’un sur qui compter. Quelqu’un qui jouera, au gré de ton tempérament et de tes humeurs, le rôle d’ami, de conseiller, , d’informaticien quand tu as des pannes à minuit (lol), de correcteur de dissertation (lol) et de , pourquoi pas ? Je saurais endosser ce rôle aussi ! Bref, un complice et un compagnon dans les beaux comme dans les durs moments ! Quelqu’un qui es là quand tu as besoin de lui et qui s’efface quand sa présence t’encombre.
Je n’essaie pas de te
Voilà, ma , j’en ai peut-être assez dit ! Dehors, les gyrophares de la police ou de l’armée ont envahi le quartier. Je dois aller dormir. Le petit que tu connais ne veut pas mourir avant d’avoir fait l’armée en Israël, goûté aux mexicaines, construit une carrière d’écrivain réputé …et sans être parvenu au terme de toutes ses ambitions !
Tu sais qu’on doit , non ? Tiens, si tu viens avec moi, je ne plus de mexicaine ! Juré ! J’ai envie de mettre un emoji…tu sais l’emoji de la petite tête qui rit avec des larmes ! On Cuba aussi et dans tes contrées de rêve !
Tu veux que je te dise ce que je veux réaliser dans les trois prochaines années ? Je veux bien ; je veux ; je veux trouver (je le dois à mon père) ; je veux ; je veux aller , après ma licence ; et je veux te !
Je vais bien ! Je le serais encore mieux quand tu auras lu ceci. . J’ai passé une journée de merde : je n’ai pas étudié la première heure et en cours d’espagnol, c’était encore des choses que je connais déjà ! Seulement les deux heures que j’ai passées à lire dans la bibliothèque semblent être les seules vraiment belles de ma journée. Je voulais , mais je n’en avais pas le courage : je crois que tu as raison, je mets trop de barrières, j’ai trop peur et les sphères relationnelles. Je vais !
On n’a pas eu l’occasion de continuer notre débat, donc je vais te donner mon opinion vite fait, puisqu’il ne me reste que vingt-neuf pourcents dans l’ordinateur : le protestantisme s’est séparé du catholicisme au seizième siècle à cause de ses dérives. A l’époque, l’Eglise catholique était la bête et le protestantisme c’était un peu l’ange venu mettre de l’ordre dans les choses. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas : le protestantisme est devenu la religion de tous les charlatans et le catholicisme s’est ressaisi. Par exemple, Rousseau dit que les catholiques obéissaient bêtement alors que les protestants prenaient le temps de réfléchir. Aujourd’hui, c’est plutôt les gens des qui obéissent bêtement à des charlatans alors que les catholiques laissent une certaine liberté d’esprit. Voilà pourquoi, malgré mon athéisme, je reste rattaché à cette Eglise Sainte, Catholique et Apostolique.
Je ferai une petite prière pour inviter , qu’il soit paisible, beau et reposant. Mais je crois que je n’ai pas besoin de le faire : tu en es déjà une ! Tu es la paix, la beauté et la quiétude (hormis quand tu joues à la drama queen).
La phrase qui m’a poussé à écrire tout ceci, la voici :
Tous mes amours
Je t’embrasse
Ton Zuzu
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Note :
- Cette lettre a été écrite au cours du premier semestre de 2023.
- Zuzu est un surnom, une déformation (mignonne et affectueuse) qu'elle utilisait pour me nommer.
- Le texte n'a été ni corrigé, ni retouché. Rien n'a été supprimé, rien n'a été ajouté.
- Le jour où j'avais écrit cette lettre, je m'étais senti comme Shakespeare qui termine Roméo et Juliette. Avec du recul, c'est l'un des textes les pis écrits de ma carrière. J'aurais pu faire mieux.
- Voici le morceau que je tourne en boucle depuis deux jours.

